La frairie

Autrefois Saint Cry dépendait de la paroisse de Nivillac dont elle est distante de 7 kms.

Le nom de Saint-Cry viendrait soit d'une altération de Christ (1455 - Frairie Saint-Christ) ou de Saint Quiric (1863), soit d'une déformation de Saint-Cyr. Ce dernier étant l’un des plus jeunes martyrs de la chrétienté puisqu’il a été violemment assassiné à l’âge de 7 ans en 305 avec sa mère. Il serait le frère de Saint-Patern, l’un des 7 saints fondateurs de la Bretagne.

Aujourd'hui, la croyance populaire autour du "bonhomme" de Saint-Cry se traduit par "une statue d'un archevêque qui était garnie de brassières et bonnets des petits enfants guéris des maladies de peau grâce à son invocation", à droite du chœur.

Statue du Bonhomme Saint Cry

L'abbé Béniguel

L’abbé Sébastien Béniguel, originaire de Limerzel. est né le 30 novembre 1887.

Il est ordonné prêtre en 1912 puis nommé vicaire à Cruguel. Mobilisé en 1914, il est fait prisonnier et est affecté comme aumônier dans un hôpital de prisonniers. Et, c'est là peut-être qu'il acquit sa profonde expérience des malades à qui, toute sa vie, il sut si bien parler.

En 1920, l'abbé Sébastien Béniguel arrive à Nivillac comme vicaire. Chaque dimanche, il trouve sa place au milieu de la population de Saint Cry. Avec le soutien des habitants, il se donne totalement à la reconstruction de l'église (1924) et la construction du presbytère (1930). Ce dernier est devenu la maison paroissiale située rue du presbytère sur un terrain donné par une paroissienne. Il est à l'origine de l'école (1938), du cimetière (1951) où il repose et du calvaire (1951).

C'est pourquoi, on peut targuer l'abbé de curé « bâtisseur ».

La paroisse

Le 1er mars 1939, par mandate-ment de Monseigneur TREHIOU, évêque de Vannes, Saint-Cry devient une paroisse, la chapelle devient une église et le Père Béniguel en est le premier recteur. En septembre 1966, il prend une retraite bien méritée et il s'éteint le 28 mars 1968 à l'age de 80 ans.

Le fondateur de la paroisse n'est toujours pas oublié puisque la place de l'église porte le nom de "Place du chanoine Béniguel".

En septembre 2018, une messe à l'intention du chanoine a été célébrée à l'occasion des 50 ans de sa mort. Ce fut aussi la 1ère fête du "cochon rieur" avec les membres de sa famille entourée de la communauté chrétienne toujours très active.

Place du chanoine Béniguel

Une église réédifiée

En 1924, les différentes traces de fondations sont retrouvées. Lors de la reconstruction de l'église, elle attestent que l'édifice fut plusieurs fois remanié. Il possédait une piscine trilobée qui aurait servi au baptême au XIIIe siècle.

Selon le livre de la paroisse de 1923, "la chapelle menaçait ruine". Sa reconstruction "était une entreprise très coûteuse". Au même moment, M. de la Jousselandière, maire de Nivillac, fait part au clergé du projet de construction du clocher de l'église Saint-Pierre. Ce projet approuvé d'emblée.

Mais l'abbé Béniguel lui rétorque : "C'est très bien M. le maire, mais il ne faudrait tout de même pas nous laisser la chapelle de Saint-Cry nous tomber sur le dos un de ces quatre dimanches. Le mur sud est bien lézardé et perd de plus en plus son centre de gravité". Suite à son intervention, la reconstruction de la chapelle fut décidée. La première opération fut de surélever de 60 cm les doubles arceaux du transept. Aussi, l'ancienne chapelle du XVe remaniée au XVIe fut élargie de 2 m et la nef allongée de 6 m.

Les pierres utilisées pour la construction provinrent d'une carrière située aux environs de Villeneuve. M. Lino de Limerzel a réalisé la charpente et les voûtes. Un couvreur de la Roche-Bernard surnommé Jean Bart a posé la couverture. La reconstruction coûta 70 000 francs. Les quêtes dans la frairie de Saint-Cry et les subventions de la commune et du Département ont couvert les frais.

Finalement, l'église d'aujourd'hui a été rebâtie sur les anciennes fondations, d'avril 1924 à 1926.

la chapelle de Saint Cry avant 1923

L'extérieur

L'église est un édifice de forme de T, avec portes et anses de panier, fenêtres en tiers-point et arcades en plein cintre.

Une sacristie est placée entre le transept sud et le chevet. 

Sur le pignon de la façade, à droite, un chien en granit provient du château de Lourmois . De même, sur le pignon du transept sud, à gauche, un lion également en granit provient de l'ancien château de Ros, don du maire de l'époque. Ils agrément l'ensemble.

La grande croix ouvragée en fer forgé issue de l'ancien édifice met en valeur le petit clocher.

Une cloche électrique baptisée Céline-Marie le dimanche 17 octobre par Monseigneur Gourves de Vannes et le père Loisel, recteur de Nivillac, y a été hissée en 1999. Sa marraine est Mademoiselle Le Thiec.  Programmée de telle sorte que deux secondes s'écoulent entre chaque tintement, la nouvelle cloche a sonné pour la première fois le mardi 26 octobre.

Entre le clocher et la belle porte d'entrée en anse à panier, les lettres SC, monogramme de Saint Cry, y sont gravés.

Cette chapelle devenue église en 1939 est nichée au fond de la place du chanoine Béniguel, au cœur du village nivillacois.

 

 

la sacristie entre le transept sud et le chevet

L'intérieur

Dans le chœur de l'église, on peut voir une statue en noyer évidée de Notre-Dame de Grâce avec l'enfant Jésus qui date du XVIIe siècle. Derrière l'autel en chêne conçu à Nantes d'après les plans de Monsieur Le Diberderl, se dresse un tableau de Saint Jean qui repose la tête sur l'épaule du Christ, détail de la Cène. Au dessus, est accroché le Christ en croix. A droite, se situe une crédence trilobée avec cavité à ablution et à gauche, le tabernacle enchâssé dans le mur avec une porte en chêne qui conserve les hosties consacrées.

Les statues rappellent la famille de Jésus : Celle d'Anne, sa grand-mère et Marie, sa mère et celle de Saint Joseph, son père.

Le baptistère avec les fonts baptismaux clos par un couvercle est délimité par une grille en fer forgé. On peut y voir la bannière de la paroisse.

Aussi, on trouve un chemin de croix. Il consiste en 14 stations en plâtre polychrome fixé dans la nef. Les croix sont disposées à des intervalles tels qu’elles jalonnent un chemin et pour qu’en les parcourant les fidèles fassent le tour complet de l’église.

De plus, un tableau de Daniel Boëffard, situé dans le transept nord depuis 2016, surplombe la crèche de Noël et une copie du tableau de Giuseppe Ribera, le "Christ bénissant",  se trouve au dessus de la porte d'entrée ouest.

Enfin, 6 vitraux éclairent l'intérieur sobre. Il y dégage une impression d’apaisement.

 

 

le chœur
Les doubles arceaux du transept
le fond de l'église côté Ouest
Un des lions en granit
La porte en chêne du tabernacle
Un chien en granit
Tableau : "Détail de la Cène, Jean posant sa tête sur l'épaule de Jésus"
Tableau : copie du "Christ bénissant" de Ribera
Tableau : "Terre Sainte" de Daniel Boeffard
La bannière de la paroisse
Une des stations du chemin de croix
Notre-Dame de Grâce et l'enfant Jésus
Les fonds baptismaux et son couvercle
Le confessionnal d'angle

Liste des curés de Saint Cry :

  • 1939 - 1966 Père Sébastien BENIGUEL
  • 1966 - 1991 Père Ambroise RIO
  • 1991 - 1996 Père MENANT 
  • 1996 - 2011 Père Francis LOISEL
  •                    Père GAPAIS (un an au presbytère de St Cry)                     
  •                    Père PONDARD
  •                    Père LE LABOURIER (Foyer logement de Nivillac)
  • 2011 - 2018 Père Simon BARON
  • 2018 - juillet 2019 Père François-Xavier ROBERT
  • juillet à septembre 2019 -  Père Philippe LE BIGOT, administrateur
  • septembre 2019  Père Etienne BAKISSI, vicaire